Histoire de Neuilly 1, 2
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Une nouvelle ville voit le jour
 

La révolution de 1848 avait chassé du trône Louis Philippe et indirectement été la cause de la destruction quasi totale du château du Roi en sa bonne ville de Neuilly.

Devenus “ biens nationaux ”par la volonté de l'Empereur Napoléon III, les 170 hectares du domaine royal, jouxtant la plaine des Sablons qui avait commencé à être lotie depuis 1830, allaient permettre de voir naître une ville nouvelle, en grande partie celle que nous connaissons de nos jours.

Ce parc de Neuilly allait en effet être divisé en 700 lots qui, après la création de 7, boulevards de 30 mètres de large et de 9 rues limitées à 15 mètres de largeur, furent l'objet d'adjudications successives à partir de 1854.

La cité d'aujourd'hui ne prit toutefois définitivement forme, tout au moins dans ses limites administratives, qu'après l'annexion, tout d'abord, en 1859, par la ville de Paris du quartier des Ternes qui, depuis une quinzaine d'années, se trouvait inclus à l'intérieur des fortifications édifiées par M. Thiers. De même, la création, en 1856, de la commune de Levallois-Perret allait inclure dans celle-ci le village du “ Champs-Pierreux ”, jadis partie de la paroisse de Villiers.

Un grand ensemble résidentiel, particulièrement prisé de la grande bourgeoisie qui profitait largement du formidable essor économique de cette seconde moitié du XIXème siècle, pouvait alors se développer rapidement, hors quelques mois particulièrement troubles consécutifs à la guerre de 1870.

Pris sous le feu de l'ennemi arrivé aux environs de la capitale, une grande inquiétude était née dans la population neuilléenne, au point que le maire de l'époque, M. Ybry, décida le 6 octobre 1870 de transférer les archives locales au greffe du Tribunal de Commerce de Paris et le siège de la mairie elle même, au 22, rue La Fayette.

L'alerte avait été chaude mais une seconde, encore plus préoccupante, allait lui succéder.

En effet, Neuilly fut investie le 1er avril 1871 par un bataillon de “ fédérés ” et pendant 52 jours, jusqu'au 22 mai, des combats acharnés opposèrent ceux-ci aux troupes versaillaises du gouvernement provisoire, elles mêmes soutenues par les canons du Mont Valérien.

Il y eut de nombreux dégâts mais heureusement, le calme revint et la ville put progressivement retrouver et affirmer son caractère résidentiel de bon aloi.

La pose de la première pierre de l'actuel Hôtel de Ville, le 30 juillet 1880, puis celle de l'église Saint-Pierre, le 30 octobre 1887, marquèrent de leurs sceaux les empreintes caractéristiques d'une des nouvelles grandes villes de l'agglomération parisienne.


A la recherche d'une vocation économique
 

L'ancien village de Neuilly n'avait été longtemps qu'un village de bateliers et un lieu de passage sur la route de Paris à Saint-Germain.

Les domaines des “ Grands ” du royaume qui monopolisaient alors les lieux n'avaient laissé que peu de place (et donc de chance) pour voir se développer des activités économiques.

Bien sûr (et on l'a déjà indiqué), une petite industrie de la soie et de la tapisserie avait été installée au début du XVIIème siècle vers le bois d'Armenonville, mais tout cela était bel et bien du passé lorsque la vraie ville prit son essor.

De 1815 à 1860, profitant de la Seine, des blanchisseurs, comme à Boulogne tout proche, s'installèrent à Neuilly. Jacques Dulud, dont une rue porte aujourd'hui le nom, fut ainsi le fournisseur du Roi, puis de l'Empereur.


Louis Philippe et sa famille au château de Neuilly

La grande révolution industrielle de la fin du XIXème siècle qui allait provoquer l'essor des villes voisines : Levallois, Clichy, Puteaux, Suresnes, oublia totalement la ville nouvelle.

Les industries automobiles et aéronautiques ignorèrent ainsi Neuilly : tout au plus, peut-on relever qu'en 1907, la Société des voitures électriques et accumulateurs BGS était installée au 12, avenue de Madrid et qu'en 1910 Alphonse Tellier, constructeur de l'avion d'Emile Dubonnet et des flotteurs des hydravions Farman, avait ses bureaux au 340, rue de Chézy.

Incontestablement, Neuilly ne voulait pas d'industries sur son territoire et il fallut attendre l'éclosion des sociétés de services pour que la ville trouve sa vocation économique.

La création du quartier de la Défense allait marquer un tournant décisif dans cette évolution : l'avenue de Neuilly (désormais avenue Charles de Gaulle) allait devenir un axe de circulation essentiel et, parallèlement, voir ses abords intéresser de grandes (et petites) sociétés moins attirées par le nouveau “ Manhattan français ”.

En quelques lustres, Neuilly allait pouvoir rejoindre sa voisine de Levallois dont chacun connaît le credo depuis plus de cent ans : 50 000 habitants, 50 000 emplois !

Selon les dernières statistiques connues, plus de 6 500 entreprises neuilléennes offrent en effet plus de 48 000 emplois dont plus de 34 000 dans le seul secteur des services.

Les métiers de la communication, de la publicité, de l'assurance, de l'audit sont au premier rang de l'activité d'une ville qui a, enfin, trouvé sa vocation économique.

 
Jean LECOINTRE
Président d'honneur de l'Uniclen


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