Le territoire de Levallois-Perret
 

Le territoire de Levallois-Perret appartient, à partir de 1215, à l'abbaye de Saint-Denis, qui acquiert ce terrain planté d'excellentes vignes.

À la fin du XVIIIème, il ne reste que quelques plants de vignes, quelques maraîchers, quatre remises de chasse et deux propriétés seigneuriales - Villiers à l'est et la Planchette au centre.
Au début du XIXème siècle, quatre propriétaires se partagent le terrain :
- André Noël, notaire de la famille impériale,
- le Maréchal de Gouvion Saint-Cyr,
- le Comte Béranger,
- et Claude-Simon de Cormeille.
À cette époque, dix propriétaires possèdent 85 % du terrain, et cinquante cultivateurs se partagent les 15 % restants.


1816
 


Jean-Jacques PERRET est le premier à tenter sur ce territoire des opérations immobilières. Il achète en 1816 vingt hectares qu'il subdivise en soixante-dix lots et entreprend de les vendre à partir de 1822. Il meurt quelques temps après, couvert de dettes et sans avoir vendu ses lots.
Il laissera cependant son nom - Champerret - à ces terrains.
Plusieurs raisons expliquent son infortune :
- d'une part le train ne dessert pas encore cette banlieue et beaucoup de terrains sont disponibles plus près de la capitale.
- d'autre part, le choix du découpage des parcelles à des seules fins résidentielles est inadéquat.


A partir de 1839
 


À partir de 1839-1840, deux événements bouleversent le paysage -urbain de Paris et de ses environs :
- le tracé de la voie de chemin de fer de Paris à Versailles (1839) qui facilite les transports,
- le nouveau tracé de l'enceinte fortifiée de Paris (1841-1844), qui incite les industries à s'implanter au-delà afin de s'affranchir de la taxe d'octroi attachée à cette limite.
Ces deux facteurs sont à l'origine de la croissance du “ village Levallois ”.

Nicolas LEVALLOIS entre alors en scène. Ancien artisan-menuisier, il se lance dans les affaires, aidé d'un ami géomètre du nom de RIVET. André Noël, propriétaire de terrains sur la commune de Clichy, confie la mise en vente de ceux-ci à NicoIas LEVALLOIS. L'opération connaît un vif succès, le nouveau lotissement reçoit même l'aval de la mairie de Clichy pour qu'il soit désigné sous le vocable de “ Village Levallois ”.
Cette appellation constituait une exception, puisque les nouveaux hameaux prenaient en général le nom du lieu où ils s'élevaient.

Dès les premiers lotissements de ces terrains situés entre le vieux village de Clichy et la ville résidentielle de Neuilly, Nicolas LEVALLOIS élabore une stratégie visant à préparer la naissance d'une commune autonome.

À partir de 1845, LEVALLOIS projette dans l'espace les pôles névralgiques de la cité. Au cœur du tissu urbain, il aménage une place en prévision de la future église, neutralisant ainsi 4 000 m2 de terrain. Il sait que ces espaces sont vitaux pour la respiration du tissu urbain, et qu'ils constituent traditionnellement le cœur d'une ville.

La nouveauté des méthodes de Nicolas LEVALLOIS consiste à s'entourer de nombreux compagnons ouvriers, menuisiers, qu'il associe étroitement au projet. Les hommes se connaissent et s'apprécient. C'est une expérience menée sur le mode original du compagnonnage, une sorte d'entreprise plus ou moins coopérative.

L'ensemble des travaux est coordonné par un entrepreneur de menuiserie du nom de REIS, ancien employeur de Nicolas LEVALLOIS. Ils construisent au départ de modestes chalets en bois destinés à abriter les artisans qui participent aux différents chantiers. Le nouveau village profile d'une animation dès son origine. Ce dynamisme originel est une force que la ville de Levallois a su conserver jusqu'à nos jours. La naissance de zones industrielles à la périphérie du village accélère la croissance en créant de nouveaux emplois.

L'optique de départ n'est pas seulement résidentielle. Les plans prévoient un savant dosage entre le logement (villas), les équipements (les chalets), l'artisanat et l'industrie. Cet équilibre est maintenu jusqu'à nos jours, et Nicolas LEVALLOIS s'impose, non comme un urbaniste, mais comme un bâtisseur aux vues fonctionnelles, soucieux des équipements de base. Il ne s'arrête pas aux limites des lotissements dont il assure la gestion, mais il inclut les terrains de Clichy que les propriétaires ne lotissent pas encore à cette époque, telle que la propriété du Maréchal de Gouvion St-Cyr.

Le Conseil d'État est saisi le 28 mars 1866 pour la défense de l'autonomie de la future commune et le choix de son nom,- en effet les communes de Clichy et Neuilly désapprouvaient cette requête. Dès lors surgit (le 30 juin 1866) le nom de Levallois-Perret. L'autonomie de la nouvelle commune prend effet le 1er janvier 1867.

Le dimanche 27 mars 1898, la mairie est inaugurée en présence de Monsieur Barraux, ministre de l'Instruction Publique, avec Monsieur de Selves, Préfet de la Seine, point d'orgue d'un travail amorcé par un homme et poursuivit par des générations.

En cinquante ans, l'objectif de Nicolas LEVALLOIS est atteint et même dépassé, au point que, dès 1870, il ne maîtrise plus l'évolution de son village devenu une véritable ville. Entre 1845, alors que “ Levallois ” n'est qu'une plaine inculte et presque inhabitée, et le début du XXème siècle, lorsque Levallois-Perret devient la 27ème commune de France par l'importance de sa population et son potentiel industriel, ces 242 hectares de terrains vierges ont donné naissance à l'une des premières “ villes de banlieue ”.



Retour Haut